Le déclenchement

Publié le par L'Âge de Lait

Pourquoi un déclenchement?
Le déclenchement est un acte médical grave, qui ne peut être envisagé à la lègère, pour le confort des parents ou du gynécologue. Il s'agit de faire sortir, par des moyens médicaux, le bébé avant que celui-ci n'ait décidé de sortir lui-même.
De nos jours, on déclenche souvent les mamans "à terme", ou à "J+5" maximum. Pourtant, toutes les femmes n'ont pas la même durée de gestation, et tous les bébés ne sont pas prêts à sortir en même temps. Une grossesse dure entre 39 et 42 semaines d'aménorrhée, et si certains bébés sont prêts plus tôt que la fatidique date des 4
0 semaines (d'aménorrhée, soit 38 semaines de grossesse), certains sont plus lents et ne seront prêts qu'au bout de 42 semaines. Après terme, bien sûr, il faut être attentif et faire des contrôles réguliers afin d'être sûr qu'il n'y a pas de problèmes, mais si tout semble normal, pourquoi déclencher un bébé en santé qui ne se sent pas prêt à quitter son nid chaud et douillet?
Il y a deux sortes de méthodes pour déclencher un travail: les méthodes médicales, qui sont généralement radicales et parfois brutales, et les méthodes naturelles, plus douces, qui sont généralement plus une suggestion que l'on fait au bébé qu'un véritable déclenchement (quoi qu'elles puissent être radicales elles aussi, et certaines même dangereuses).

Méthodes médicales :

-         Décollement des membranes (stripping du col) : de nombreux gynécologues ou sage-femmes le font pendant la dernière visite avant l’accouchement, parfois même sans demander à la femme son autorisation. Cela fait très mal et c’est clairement un abus sexuel : on vole aux femmes leur début de travail et ça ne marche pas toujours.

-         Gel local (prostaglandine, souvent à base de sperme de porc) sur le col, pour le faire mûrir

-         Rupture de la poche des eaux (percer les eaux, quand c’est bien, fait gagner une demie-heure, par contre il y a plus de risques que le cordon sorte avant le bébé et les contractions sont plus douloureuses et intenses. Si c’est fait trop tôt : risques d’infection.)

-        Produits en intra-veineuse (sensation des contractions : tétanie genre coup de jus)

 

Méthodes " naturelles"* :

-         rapports sexuels : sperme (prostaglandine) + orgasme (contractions, ocytocine)

-         stimulation des mamelons

-         acupuncture

-         huile de ricin (à ne pas conseiller, dangereux !)

-         décoction de clou de girofle (attention, donne des vomissements)

-         homéopathie

-         respirations spécifiques (sophrologie)

Encourager la mère à faire de la place à son bébé dans sa vie !

Au niveau émotionnel, il y a aussi parfois des blocages qui doivent sortir.

Le déclenchement de convenance:
Il s'agit du déclenchement sans raisons médicales avérées: la plupart des déclenchements en France...
Il s'agit donc d'obliger le bébé à naître, par des manipulations physiques ou des hormones de synthèse (comme vu ci-dessus), alors qu'il n'est pas prêt à naître (s'il l'était le travail débuterait de lui-même).
C'est une violence faite au bébé, une non-reconnaissance de ses besoins du moment (en l'occurrence rester encore dans le ventre de sa mère, car il n'est pas "mûr" pour en sortir), un manque de respect pour son rythme propre: c'est le considérer comme une "chose" qui n'aurait pas son intégrité propre, mais appartiendrait à sa mère, à ses parents, au corps médical.
Pour le bébé, cela signifie:

* être projeté, arraché du ventre de sa mère, vers l'inconnu qu'il n'est pas encore vraiment prêt à affronter
* être poussé, broyé, réellement projeté par la puissance des contractions provoquées par une hormones de synthèse (plus violentes et plus rapprochées que pour un accouchement normal), donc être en quelque sorte violenté (certains bébés nés par déclenchement ont le visage tuméfié à la naissance, à cause de la violence de cet accouchement)
*être objet et non acteur de son propre accouchement, comme si on lui volait sa place dans sa propre naissance
* être d'un seul coup coupé de sa mère, sentir son corps comme étranger au sien et tellement impitoyable (il ne s'y attend pas), d'autant si la mère est sous péridurale, et donc coupée de ses sensations qui lui permettraient d'accompagner la naissance de son bébé, d'être présente avec lui dans la tourmente
* se sentir brutalement rejeté par le corps de sa mère, qui le propulse violemment dans un passage trop étroit, qui ne s'adapte pas à lui (la violence des contractions provoquées par une hormone de synthèse est si forte qu'elle a tendance à projeter le bébé vers le pubis, sans lui laisser le temps de trouver la sortie et de faire sa spirale, et sans laisser le temps à son crâne de se modeler pour passer)
Les bébés nés par déclenchement sous ocytocine ont, après leur naissance, plus de problèmes de santé: difficulté à téter (il est bon de l'emmener chez un ostéopathe si tel est le cas, on voit souvent des améliorations spectaculaires à la suite de manipulations du crâne chez ces bébés), régurgitations, pleurs fréquents, difficult
é à dormir, torticolis, et  diverses lésions ostéopathiques.
Le lien mère-enfant peut également s'en ressentir, la mère pouvant avoir l'impression que ce bébé a été arraché de sa chair et n'étant souvent pas prête à accoucher, et donc à recevoir son bébé...


Bibliographie:

Les dix plus gros mensonges sur l'accouchement, de Blandine Poitel

Pour une naissance heureuse, d'Isabelle Brabant


* selon le docteur Michel Odent, il n'existe pas de méthode naturelle de déclenchement: à partir du moment où une méthode de déclenchement est efficace, elle n'est pas naturelle, puisqu'elle précède les signaux du bébé qui signale par l'intermédiaire du placenta qu'il est "mature", prêt à naître.

Publié dans accouchement

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laetitia 21/09/2008 12:40

Merci de ta réponse..
Mon premier commentaire a été écrit sur le vif,tes mots m'ont remis énormement en cause, la culpabilité m'a rongé, empêcher de dormir, j'ai même fait des excuses à mon enfant pendant son sommeil.
Par mon témoignage je voulais juste te mettre devant le résultat du "poid des mots", l'impact que peut avoir des paroles jetées sur la toile du net!

Justement quand on prône une non-médicalisation de la grossesse, le fait que tu prends pour arguments les études scientifiques faites sur le déclenchement me font sourire, puisque pourquoi faire confiance aux jugements scientifiques sur un sujet si c'est pour ne pas vouloir en fin de compte faire confiance à la médecine ou aux scientifiques par ailleurs ?

Je ne voulais pas mettre en doute ton association, tes bonnes intentions, mais sache que parfois, les mots ont un impact qui echappe aux interlocuteur.

Pour mon deuxième enfant je souhaite me faire suivre par une sage femme libérale ainsi que par une doula, et hier soir, j'en étais à me dire que si l'écoute et la tolerance que je recherche à présent pour ma future grossesse sont basé sur ces durs jugements ..je préfére autant rentrer dans le rang et avoir un suivi classique médicalisé au moins je ne suis pas renvoyer à mes "vieux démons".

Ce sujet précisement m'a mis dans un état pas croyable ( oui à 26 ans je ne pensais pas finir en larme en lisant un blog ..)

Merci encore de ta réponse..

L'Âge de Lait 21/09/2008 13:16



Merci laetitia. Tu me vois désolée que mon article ait pu te causer tant de désagréments. Comme je te l’ai dit, c’était loin d’être le but. On culpabilise toujours lorsqu’il s’agit de faire des
choix pour nos enfants, même si ces choix semblent être les meilleurs, c’est parfois dur. Dur d’accepter qu’un choix peut être le bon s’il peut faire souffrir notre enfant. Pourtant, la
souffrance fait partie de la vie… Comme toi, comme chaque mère j’ai des culpabilités vis à vis de mon enfant, et des choix difficiles qu’il faut faire pour ces petits êtres dont nous avons la
garde… Je t’ai parlé des ponctions lombaires qu’il a subies, et moi aussi, il m’arrive encore d’en souffrir (pourtant cela fait un an et demi que cet épisode est passé) et de demander pardon à
mon fils pour cet acte qui m’a semblé barbare, quoi que nécessaire.


Comme je te l’ai dit, je parlais en fait des déclenchements de convenance quand tout s’est bien passé avant, et il faut savoir qu’il y a beaucoup de femmes qui choisissent un déclenchement alors
que la grossesse se passe bien, juste pour avoir plus vite leur enfant ou parce que leur gynécologue part en vacances. Je ne juge pas ce choix, c’est à chacune de prendre ses responsabilités,
mais je crois que beaucoup de gynécologues ou de sages-femmes n’insistent pas assez sur les conséquences qu’un déclenchement peuvent parfois avoir. Pas toujours, certes, comme tu le dis ton fils
est en parfaite santé, et j’ai envie de dire tant mieux pour vous deux !! Mais il existe des conséquences graves qu’il n’est pas bon d’ignorer…


Les mots peuvent être durs, je le sais, et je suis désolée qu’une femme puisse se sentir blessée par les miens, mais j’essaie juste de donner une information aussi proche que je le peux de la
vérité, et c’est pour cela que je mets tes commentaires sur le blog, afin que les femmes puissent trouver là d’autres témoignages, différents de ce que j’écris.


Je ne prône pas une non-médicalisation, quoi que je pense qu’on en fait beaucoup trop en France et que nombre d’actes dérangent les processus physiologiques de l’accouchement. Je respecte
complètement, et je comprends, le choix des femmes qui accouchent à l’hôpital, aussi bien que celles qui accouchent à la maison. Chacune a ses raisons, qui sont valables ! Cependant, si je
prends pour arguments des études scientifiques, c’est que certains médecins (notamment) ont fait nombre de recherches sur le sujet pour revenir vers un accouchement plus naturel (je pense
notamment aux travaux merveilleux de Michel Odent qui a créé le Primal Health Center et qui travaille encore à améliorer les conditions de l’accouchement). Ces personnes se battent pour que les
femmes et leurs enfants soient respectés, et pour que chaque parent soit informé des choix qu’il fait, quels qu’ils soient.


En tant que doula, je pense qu’il ne faut pas juger les autres par rapport à sa propre expérience. Ce qui est bon pour l’une ne l’est pas pour l’autre. Le rôle de la doula, à vrai dire, est
d’accompagner la mère, la famille dans ses choix, sans chercher à influencer ni à donner son avis. Même pas de donner sa propre expérience ! Ce blog dépasse le rôle de la doula, qui consiste
à accompagner et à informer si le couple, la mère en ressent le besoin. En tant que doula, jamais je ne me positionnerai pour ou contre quelque chose que souhaite une mère, et si je ne me sentais
pas capable d’assumer les vœux d’un couple, je redirigerais ce dernier vers une autre doula. Et je pense que c’est ainsi que toutes les doulas (ou presque) envisagent leur rôle… La doula est un
peu comme une « mère », et non comme un juge. Et une mère peut avoir des opinions propres contraires tout en respectant le choix de sa « fille » (l’exemple n’est pas
complètement adapté, mais je n’en trouve pas d’autre sur le coup…) avec amour et compréhension.


Je trouve pour ma part, dans le témoignage que tu m’as transmis, formidable ta façon d’avoir accueilli ton bébé, et j’ai été très touchée de te lire. Peu importe les choix que tu as faits ( et
qui, je le répète, me semblent totalement logiques dans ton cas), ce que j’ai vu dans ton témoignage, c’est de l’amour, et ça, à mon avis, c’est vraiment le plus important pour accueillir son
enfant.


Merci encore d’avoir pris la peine de laisser ces commentaires !
Aurélie












laetitia 20/09/2008 23:18

je trouve ce post sur le déclenchement trés dur, et trés difficile à "avaler" pour une maman comme moi qui a eu un accouchement comme tu dis de convenance ..
Aprés avoir passer deux mois à l'hôpital pour une menace d'accouchement prématuré, à deux semaines du terme j'ai eu une colique néphrétique et aprés avoir eu moulte traitement, on m'a emandé si je voulais ou pas que l'on provoque l'accuchement et SANS hésitation j'ai dit oui.
De lire qu'un accouchement déclenché par convenance est une violence faite au bébé, un manque de respect pour son rythme propre, le considérer comme une chose etc etc ...je me demande bien si tu es toi même maman !!!!!! vraiment tes propos manque de mesure, et parler ainsi de quelque chose que l'on n'a pas vécu je trouve cela trés prétentieux...
Alors oui l'expulsion a était rapide, mon fils est né en trois quart d'heure de poussée, j'ai ACCEPTER la péridurale, mais je ne lui ai pas volé sa naissance, je ne l'ai arracher à rien..bien au contraire, je crois bien avoir protéger mon bébé de ce milieu hospitalier qui m'a longtemps rangé dans une case de MAP, qui a voulu a tout pris me faire rencontrer des mamans qui avait eu des préma, me montrere des couveuses etc ...
Je trouve cela trés dur de lire comment tu décris la naissance d'un enfant né d'an accouchement déclenché ...
Mon fils a eu du mal à tétée au debut ( deux jours), mais je l'ai allaité hut mois, il est en PLEINE SANTE.
Il faut arrêter de dire que la péridurale coupe les sensations, C'EST FAUX !!!! certes elle ne fonctionne pas pour tout le monde, mais arrêtons de croire que l'on ne sent rien...

J'ai accompagné mon fils vers son premier souffle en poussant et en sentant chaque mn de sa descente ...

Je suis trés sensible sur ce sujet, car on est pas qu'une bonne maman quand on allaite jusqu'au sevrage naturel, et parcequ'on met des couches lavables ..

Je trouve ton blog trés bien, trés joliment fait, seulement sur ce post là c'est incroyable comment tu généraliseS ..incroyable les propos que tu utilises ...fais attention tout de même ...

L'Âge de Lait 21/09/2008 11:25



Bonjour laetitia,
Merci pour ton témoignage. Je n'ai pas créé ce blog pour fermer la discussion sur les sujets que j'évoque, mais bien pour que chacune se sente libre de témoigner, de partager son expérience, et
c'est également le but de mon association!!
Mes propos sont sans doute fermes et paraissent peut-être durs, pourtant c'est la vérité que j'évoque ici. Excuse-moi si mon article t’a choqué, mais il s’agit-là d’études, d’observations que des
scientifiques ont faites au fil du temps.


Cependant, dans ton cas, je comprends le choix que tu as fait. Ton histoire est particulière, et à vrai dire j’ai sans doute été trop généralisante en oubliant qu’il y a, comme pour tout, des
moments où ce choix-là est sans doute le meilleur ! Pour moi, le déclenchement de convenance quand tout va bien, quand la grossesse est bien conduite, est réellement une violence faite au
bébé. Dans ton cas, ton choix était justifié, et je ne me permettrai pas de le juger !


Pourtant, il reste que le déclenchement de convenance, comme tout déclenchement, est violent pour le bébé. Cet article est là pour informer les futurs mères de ce pendant-là, pas pour
culpabiliser celles qui ont fait ce choix. Il y a mille manières d’accoucher, la césarienne, par exemple, est une grande violence faite au bébé, et pourtant, lorsqu’elle est nécessaire, faut-il
s’en culpabiliser ? Je ne le pense pas. Tu le dis toi-même, ton bébé a eu du mal à téter les premiers jours, et c’est un signe de difficultés, non ? Pour ma part, mon fils a eu droit, à
trois semaines de vie, à deux ponctions lombaires (parce que une loupée). Je les ai acceptées. Mais je trouve que c’était une violence qu’on lui a faite. C’est parfois nécessaire, hélas…


Je trouve intéressant ton témoignage de péridurale. Tu montres-là qu’on peut ne pas être coupé de son bébé lorsqu’on accouche sous péridurale. Il est vrai que les anesthésistes dosent de mieux en
mieux la péridurale, de telle manière qu’on peut parfois sentir son bébé, voire même sentir la douleur de manière réduite. Dans un déclenchement, je comprends parfaitement le choix de prendre une
péridurale, les contractions étant particulièrement violentes, sans laps de temps de préparation (dans un accouchement physiologique, les contractions prennent peu à peu leur ampleur, ce qui
facilite l’adaptation à la douleur). Tu montres-là qu’on peut être totalement réceptive à son bébé sous péridurale, ce que je trouve très riche et très précieux. Ce n’est pas toujours le cas…


On n’est pas une bonne mère parce qu’on allaite jusqu’au sevrage naturel et parce qu’on met des couches lavables, cela, je suis tout à fait d’accord ! Il y a des mères qui font ces choix et
qui ne sont pas très maternantes, comme il y a des mères qui font d’autres choix et qui sont très maternantes. Je propose des choix de maternage qui sont encore peu connus, et que j’ai choisi
comme étant les mieux adaptés à notre famille, mais je ne porte pas de jugement sur les femmes qui choisissent de faire différemment parce que c’est ce qui leur convient le mieux, à elles. Chacun
de nous est différent ! De même, pour certaines personnes, la péridurale, le déclenchement… sont les meilleurs choix… Je trouve juste que nous ne sommes pas assez informés sur les
conséquences de nos choix, et je souhaite partager des informations que j’ai pour ma part accumulées au fil du temps. Libre à chacune de ne pas être d’accord, et, comme toi, de partager leur
propre expérience !! C’est cela qui enrichit chaque sujet de douceur, de mesure, mon expérience est loin d’être la seule valide et le seule valable !
Aurélie