Le sevrage

Publié le par L'Âge de Lait

  Il y a différentes façon de sevrer un bébé. On peut sevrer progressivement ou brutalement, et pour différentes raisons. Penchons-nous sur les diverses pratiques de sevrage :
  • le servage peut advenir sans qu’on l’ait souhaité, par méconnaissance des besoins du bébé et de la physiologie de l’allaitement. L’entourage est souvent, dans ce cas-là, défavorable à l’allaitement, ou très ignorant. La mère restera sur un sentiment d’échec, sur l’idée qu’elle n’est pas capable d’allaiter son bébé.

  • Le sevrage que l’on croit obligatoire est généralement brutal. Il s’agit, dans ce cas, généralement d’une maladie de la mère, au cours de laquelle un médecin va lui demander d’arrêter à cause de prétendus risques que la maladie ou les médicaments feraient courir à l’enfant. Il faut savoir que la plupart des médicaments sont compatibles avec l’allaitement, et que les maladies qui obligent à sevrer sont très rares. D’autres mères se croient obligées de sevrer à la reprise de leur travail : on peut tout à fait continuer à allaiter tout en travaillant.

  • Le sevrage à la suite d’une grève de la tétée : le bébé cesse brusquement de téter et la mère pense qu’il ne veut plus du sein. L’allaitement se termine brutalement, avec une période très dure pour la mère, pendant laquelle la douleur des engorgements (puisque la lactation se poursuit un temps mais que le bébé ne soulage plus les seins de sa maman) se mêle souvent à la sensation d’avoir été rejeté, ou coupé de son bébé, une sensation d’inachèvement.

  • Le sevrage planifié est une initiative de la mère. Il est généralement fait de manière progressive, et il est plus confortable pour les seins de la mère et plus satisfaisant au niveau affectif (pour la mère et pour l’enfant) qu’un sevrage brutal.

  • Quand un autre enfant arrive : certaines mères souhaitent que leur bambin soit sevré lorsqu’un nouveau bébé naîtra. La période de grossesse est donc une période où beaucoup de mères vont être portées à sevrer leur enfant. Parfois, c’est l’enfant qui se sèvre pendant la grossesse, sans doute à cause du changement de goût ou de volume du lait qui évolue pour se transformer en colostrum. Il est à noter que certaines femmes ne peuvent pas retomber enceintes pendant la durée de l’allaitement et seront donc amenées, si elles souhaitent un nouveau bébé, à sevrer totalement leur bambin.

  • Le sevrage naturel est la plus douce de toutes les formes de sevrage. Selon des études anthropologiques, l’âge naturel de l’enfant pour le sevrage serait situé entre 2 et 6 ans. En effet, tout comme les enfants apprennent à marcher, à parler, etc, à des âges très différents, ils se sèvrent d’eux-mêmes à des âges très différents. Souvent, le sevrage naturel associe des suggestions de la mère pour franchir une étape vers le sevrage et le fait que l’enfant est prêt à la franchir. On peut le décrire comme une sorte de danse ou chacun joue son rôle, prend sa place, et où l’un, puis l’autre, prend les devants. De cette expérience de sevrage naturel, la mère et l’enfant en retireront une grande valorisation et un grand sentiment d’accomplissement.


Sevrage et société guerrières


Chez les Woloffs, peuplade guerrière, l’enfant est sevré brutalement, en étant emmené par son père dans un village voisin où il le laissera quelques jours loin de sa mère. L’enfant est à la fois sevré du sein et de sa mère, et de manière on ne peut plus brutale.

Dans une tribu pacifique proche géographiquement de la première, l’enfant est sevré progressivement. S’il est trop triste de ne plus pouvoir téter, sa mère peut décider de lui redonner le sein pour un temps, jusqu’à ce qu’il soit plus prêt au sevrage.

Chez les Sioux, l’allaitement est fait à la demande, de manière illimitée, et c’est l’enfant qui décide du moment où il se sèvrera, avec la générosité illimitée de ce peuple à l’intérieur de sa tribu. L’enfant apprend ainsi à être lui-même généreux, car la générosité devient une vertu évidente pour l’enfant sioux, qui suivra naturellement et exemple.

On peut se demander si c’est la société guerrière qui engendre un sevrage brutal, ou bien si c’est le sevrage brutal qui engendre la société guerrière, en tout cas, ces deux aspects semblent fortement liés.

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